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Retour sur la visite exclusive du chantier de Renouvellement des Voies et du Ballast à Nation

30082019

Le mois dernier, Sophie vous proposait de participer à un jeu concours sur le blog. À la clé, une visite du chantier qui se déroule depuis le 13 juillet entre Auber et Vincennes. Une centaine de participations a été enregistrée et nous vous remercions pour votre engouement. Ce sont huit d’entre vous qui ont eu la chance de descendre sur les voies en travaux ce dimanche 25 août, pendant quelques heures. Et c’est moi, Milo, qui ai accompagné cette visite guidée.

 Je sais que bon nombre d’entre vous auraient aimé accéder à cette visite au cœur des travaux d’été du RER A – vous avez d’ailleurs été nombreux à me solliciter via Twitter à ce sujet ! –, mais comme les années précédentes, nous ne disposions que d’un nombre de places très limité. Je vous propose donc un retour illustré de ces quelques heures de visite exclusive, guidée par Ouardia, qui travaille au département Ingénierie (ING) de la RATP.


Le rendez-vous était fixé à 13:45 au niveau de la sortie n°5 de la gare de Nation, aux côtés donc de Ouardia, qui avait déjà eu l’occasion d’accompagner les précédentes visites.

Avant de descendre sur les quais et  les voies, il est obligatoire de s’équiper des EPI (Équipements de Protection Individuels), impératifs pour la sécurité. Cela comprend ainsi un casque, un gilet et des chaussures de sécurité. Nous avons également des bouchons d’oreille, étant donné le bruit des engins. Après un tour de table pour que chacun puisse se présenter et faire davantage connaissance, on s’aperçoit rapidement de la diversité du groupe ! Jean-Marc, Pierre, Isabelle, Audrien, Bénédicte, Olivier, Tony, et Thomas. Ils ont un point commun : le RER A qu’ils utilisent au quotidien, pour certains plusieurs fois par jour, et leurs connaissances du blog et/ou du fil Twitter.

Tout d’abord : des explications !

Une fois équipés convenablement, nous pouvons accéder au chantier qui débute sur le quai 1 de la gare (direction l’est de la ligne). Mais avant de rentrer dans le vif du sujet, Ouardia nous emmène dans la salle de réunion des équipes du chantier située à même le quai à Nation, où sont réalisés plusieurs points quotidiens sur l’avancement des travaux.

Malgré le bruit provoqué par les trains de travaux situés à quelques mètres seulement, Ouardia nous explique la nécessité de ce chantier : « Il s’agit de renouveler le ballast, autrement dit, la couche de pierre sur laquelle sont posés les rails et les traverses tout simplement pour continuer à garantir la fiabilité des infrastructures de la ligne, et donc, la sécurité de nos voyageurs ». Bien souvent, il est vrai que certains se plaignent de la situation qu’occasionne ces travaux d’été, « mais c’est absolument indispensable ! Etant donné que la durée de vie du ballast ainsi que des traverses est de pratiquement 40 ans, il est impératif de les changer » précise Ouardia.

Pourquoi un changement de tempo cette année ?

Vous l’avez bien constaté, cette année, la zone de travaux ainsi que la temporalité ont évolué. Mais pourquoi au juste ? En fait, il faut renouveler les voies entre Nation et Vincennes. Ensuite, si les travaux se concentrent essentiellement entre l’entrée du tunnel du tronçon central du RER A et Nation, il est nécessaire d’interrompre le trafic entre les gares d’Auber et Vincennes en raison des installations de retournement des trains qui y sont implantées et qui permettent l’exploitation de la ligne de part et d’autre de la zone de travaux. « Mais pourquoi ne pas interrompre totalement le trafic pendant 1 mois comme les années précédentes ? » demande Audrien. J’avais déjà eu l’occasion de répondre à cette interrogation fréquente sur Twitter. Il faut savoir que cette option a bien été envisagée. Cependant, le programme travaux de l’édition 2019 aurait nécessité plus de 4 semaines de coupures. Contrairement à Nation lors des étés précédents, la gare de Vincennes, terminus pendant les interruptions, n’est pas assez capacitaire pour accueillir les flux liés à des coupures totales en journée en dehors du 10 au 18 août, semaine la moins chargée de l’année (c’est d’ailleurs durant cette semaine-là que les travaux les plus complexes sont réalisés).

C’est pourquoi le programme des travaux convenu avec Île-de-France Mobilités prévoyait deux phases :

  • interruption totale de trafic entre 2015 et 2018 pendant 4 semaines chaque été ;
  • nuits longues et week-ends entre 2019 et 2021 allant de 7 à 9 semaines.

« En fait, il aurait fallu 10 à 12 ans pour réaliser ces travaux si nous n’intervenions que durant la nuit ! » ajoute Ouardia, « d’autant plus que le temps d’intervention possible la nuit est en réalité très court ! ». Et oui, les travaux en tant que tels ne débutent pas directement à 21h (ou 22h en juillet). Il y a en amont plusieurs activités à coordonner avant de débuter concrètement les travaux de renouvellement de la voie :

« Ces quelques heures par nuit : ça laisse peu de temps pour intervenir ? » demande Audrien. En effet, le temps d’intervention la nuit est très restreint ! Entre le moment où le dernier train voyageur passe, l’arrivée de ceux de chantier, la coupure d’alimentation des caténaires, « il n’y a pas une minute à perdre ! Les ouvriers attendent le feu vert, tronçonneuse à la main prêts à commencer, dès que la caténaire n’est plus alimentée ! » indique Ouardia. « Travailler soirs et week-ends, en dehors du service commercial, c’est une course contre la montre ! […] Et rouvrir les portes à 5h, en s’éclipsant jusqu’au soir » se stupéfie Bénédicte, grande habituée du RER A.

Et… action !

Tout le monde ayant maintenant bien compris les enjeux de ces travaux, nous voilà parti pour voir tout l’écosystème du chantier autour de nous. Nous voyons dans un premier temps un train appelé « Bourreuse » :

« Au passage de la bourreuse, l’engin soulève les voies et insère deux crochets dans le ballast : les vibrations créées permettent de tasser le ballast et de positionner la voie au bon niveau ».

 

 

.Comme cette année les trains voyageurs continuent à rouler la journée en semaine, c’est pour cette raison que tout l’été, une limitation temporaire de vitesse à 30km/h est respectée entre Vincennes et Gare de Lyon jusqu’à ce que la voie soit complètement stabilisée.

Nous descendons ensuite à même les voies en direction de la voie Z de Nation : elle se situe entre la voie 1 et la voie 2 dans l’inter-gare Nation – Vincennes:

 

Les consignes de sécurité sont bien entendu très strictes, et il faut rester vigilant à tout instant. Nous circulons donc l’un derrière l’autre en prenant toutes les précautions qui s’imposent dans la pénombre du tunnel qui va nous mener jusqu’à la voie Z.

Pendant que nous étions sur le trottoir haut de la voie Z dans le tunnel, des manœuvres de trains étaient en cours. Nous avons tous assisté à l’arrivée d’une « pelle rail-route » et au garage de la « Bourreuse » sur la voie Z !

 

De retour sur le quai, nous avons pu assister à la spectaculaire phase de soudage de deux rails !

Le principe utilisé est celui de l’aluminothermie : il s’agit de faire en sorte que de l’acier fonde autour des jointures des deux rails pour qu’ils puissent être soudés par la suite. Très impressionnante, cette opération est très minutieuse et la température atteint les 2200° C. au cœur de la fonte !


Après plus de 2 heures 30 passés sur les quais et dans le tunnel, notre visite s’achève. Nous remontons nous déséquiper avant de se quitter. Tout le monde repart avec un souvenir du chantier et des images plein la tête !

« Je retiens de ce chantier que, contrairement aux années précédentes, celui-ci se fait en alternance avec le trafic voyageurs (en journée en semaine), ce qui créer un défi supplémentaire de l’avancée des travaux sur un temps limité (pas plus de six heures par soir en semaine) avec un impératif clair de reprise des circulations le matin. » me confie Jean-Marc.

Isabelle, quant à elle, revient sur la complexité de l’organisation du chantier : « J’ai découvert l’organisation des travaux de RVB : les contraintes d’exploitation et de travaux qui expliquent la durée et les périmètres des interruptions de circulations ». Ce à quoi Bénédicte rajoute : « Je fustige un peu ceux qui râlent, qui ne se rendent pas compte de la complexité du système et des besoins humains et techniques à mettre en œuvre. Alors rien de tel que de descendre les voir, se rendre compte que ce ne sont pas des machines, […] dans un environnement confiné. »

Avec Ouardia, nous avons en tout cas été très heureux de vous accueillir, et ne manquerons pas d’organiser de nouvelles visites dès que possible ! ☺

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