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Rencontre avec Marie-Laure : une ingénieure dans les coulisses du RER

06102017

Vous faire découvrir les coulisses du RER A, c’est aussi aller à la rencontre de ceux qui travaillent bien en amont sur les projets et le développement de nouvelles technologies pour un réseau toujours plus performant. Aussi, j’ai rencontré Marie-Laure : elle est ingénieure à la RATP. Elle travaille plus particulièrement sur les projets de simulateurs de conduite du RER, mais également sur le renouvellement des postes de manœuvres locaux.

Sophie : Bonjour Marie-Laure. Tu es ingénieure « responsable études et développement »… Qu’est-ce que cela signifie exactement ?

Marie-Laure : Je m’occupe de projet d’ingénierie. En fait, je suis responsable de la conception de systèmes pour le RER en particulier. C’est-à-dire que mon travail, c’est de concevoir des systèmes que l’on peut aussi appeler des « architectures techniques », qui répondent aux besoins, mais aussi -et c’est notre priorité- qui soient fiables, disponibles et sécuritaires. Je coordonne tous les aspects techniques d’un projet, en travaillant de manière intégrée, avec l’ensemble des équipes : il faut s’assurer qu’il réponde bien aux spécifications fonctionnelles définies en amont et faire le lien avec l’industriel.

Et, actuellement, quels sont les projets pour lesquels tu travailles, pour le RER ?

Je m’occupe du simulateur de conduite et du renouvellement des postes de manœuvre locaux. Ce sont des postes d’aiguillages locaux, en fait, qui permettent au poste de commandes et de contrôles centralisé de Vincennes (PCC) de déléguer cette fonctionnalité en cas d’incident sur la ligne, notamment. Un agent d’exploitation est alors délégué à sa mise en œuvre, pour tracer les itinéraires sur cette portion de ligne et de ré-aiguiller les trains. Cela permet d’être très réactif pour poursuivre au mieux l’exploitation de la ligne et impacter le moins possible les voyageurs !

Le renouvellement de ces postes de manœuvre, ça consiste en quoi ?

Le RER a 40 ans. Ces postes sont dotés d’une technologie qui est, certes, tout à fait fiable et surtout sécuritaire, mais qui est vieillissante. D’une part, la modernisation de ces installations est prévue dans le schéma directeur de la ligne et, d’autre part, on s’appuie sur des solutions techniques offertes par la transformation digitale qu’on vit dans tous les domaines aujourd’hui. On ne change pas la fonctionnalité de ces postes de manœuvre, on garde le même objectif de fiabilité disponibilité et le même niveau de sécurité, mais ils seront dotés d’une ergonomie numérique. Évidemment, ce n’est pas si simple, il y a plein de contraintes techniques à prendre en compte, notamment parce que ce type de poste doit être opérationnel et fonctionnel 24h/24h et 7jrs/7. On commence par les postes les plus anciens: Étoile, par exemple, pour la ligne A. C’est un projet de longue haleine qui s’étend sur plusieurs années.

Ce projet va-t-il nécessiter des travaux sur la ligne ?

Oui, il y aura des travaux. Mais ce sera transparent pour les voyageurs, tout sera fait en majorité pendant la nuit. Dans la mesure du possible, on essaye d’impacter le moins possible les voyageurs. Aussi, ces travaux n’auront pas d’impact sur la circulation des trains.

Tu t’occupes aussi du projet de simulateur de conduite pour le RER.

Oui, c’est un projet sur lequel je travaille depuis 2013. J’ai commencé avec l’écriture des spécifications techniques, c’est-à-dire le moment où l’on retranscrit précisément le besoin, pour ensuite lancer une consultation avec les industriels, pour choisir l’entreprise qui réalisera le projet. Aujourd’hui on touche au but, on en est à la phase de validation/qualification.

Il est comment, alors, ce simulateur ?

On a modélisé les lignes A et B du RER au plus proche de la réalité! Il a fallu prendre en compte tous les systèmes de conduite, la règlementation, les tronçons, le matériel roulant et même le comportement plus ou moins discipliné de certains voyageurs… Tous les détails du quotidien qui peuvent sembler anodins parfois mais tout cela est essentiel pour la conduite. Par exemple, pour les conducteurs il y a un certain nombre de repères  dans le paysage qui sont utiles pour anticiper le freinage du train en gare. On peut aussi simuler un quai bondé ou une avarie dans un tunnel, et là, -en termes de formation bien entendu !- c’est idéal parce que c’est le genre de situation que l’on ne peut pas enseigner en conditions réelles.

D’ailleurs, des simulateurs, il y en a déjà pour le métro et c’est vraiment un aide formidable à la formation : apprendre à conduire sur simulateur permet une transition en douceur avant de conduire réellement un RER, même vide, pour la première fois.

Mais il ressemble à quoi ? Il fonctionne comment ce simulateur ?

Pour l’instant on n’a qu’un prototype. Mais à terme, il y aura des postes de conduite simplifiés dans les attachements de conduite, là où les conducteurs prennent chaque jour leur service. Ceux-ci seront dédiés à la formation continue. Un conducteur fait des formations en continu, c’est obligatoire. Et au centre de formation là où les conducteurs apprendront à conduire du RER pour la première fois, on aura des postes de conduites dans des cabines, supervisés par un poste animateur qui définit un scénario.

On a hâte de voir le résultat final !

La mise en œuvre est prévue dans le courant de l’année prochaine, mais il y aura toute une phase d’appropriation de l’outil par les équipes de formation RER, grâce à l’aide de leurs collègues qui les accompagnent dès aujourd’hui.

Encore un peu de patience dans ce cas, mais je pense que nous nous reverrons l’année prochaine lorsque tout sera opérationnel. Je pourrai même peut-être inviter quelques voyageurs à venir tester le système, qui sait 😉

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  • Brijou

    Article intéressant espérons que le travail de Marie Laure serve,un jour, à quelque chose