La ligne et vous

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Signalons ensemble la violence à l’égard des femmes !

25112019

Aujourd’hui, il s’agit de l’une des violations des droits humains les plus répandues dans le monde. Elle demeure l’une des moins signalées en raison du silence, de la stigmatisation et du sentiment de honte qui l’entourent : il s’agit de la violence à l’égard des femmes.

Nous tenons à le rappeler, il existe plusieurs formes de violence. Elle peut être physique, sexuelle mais aussi psychologique. Dans la Déclaration sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes, l’Assemblée générale des Nations Unies de 1993 la définit comme :

« tous les actes de violence dirigés contre le sexe féminin, et causant ou pouvant causer aux femmes un préjudice ou des souffrances physiques, sexuelles ou psychologiques, y compris la menace de tels actes, la contrainte ou la privation arbitraire de liberté, que ce soit dans la vie publique ou dans la vie privée »

En tant que femme, il est possible de ressentir un sentiment d’insécurité dans les transports malgré tous les dispositifs de sécurité mis en place. D’ailleurs, selon une étude consacrée aux violences faites aux femmes dans les transports réalisée par le ministère chargé des transports, ce fort sentiment d’insécurité peut s’expliquer par des comportements que les femmes subissent tels la drague insistante ou des commentaires sexistes. De plus, l’étude révèle aussi que les femmes contournent les lignes de transport qu’elles pensent dangereuses, évitent de voyager seules la nuit ou encore apportent des restrictions à leur tenue vestimentaire.

La sécurité est un droit fondamental quel que soit le lieu et notamment dans les transports en commun. Les femmes devraient pouvoir aller et venir sans ce sentiment d’insécurité, elles ne devraient plus avoir à faire face à des comportements intimidants. C’est la raison pour laquelle nous luttons sans relâche contre toutes les formes de délinquance dans le RER A et donc dans la vie des voyageurs. Aucune gare, aucun train, aucune rame de RER ne doit être une zone de non-droit. Nous déplorons ce comportement inacceptable et le condamnons fermement. La lutte contre le harcèlement et les agressions est une priorité pour la RATP et la SNCF, d’ailleurs nous faisons preuve de la plus grande fermeté à ce sujet.

Depuis 2016, tous les agents RATP en contact avec les voyageurs reçoivent une formation dédiée à la prise en charge des victimes de harcèlement dans le cadre de leur formation initiale. Ce module spécifique a été élaboré en partenariat avec la Miprof (Mission interministérielle de protection des femmes contre les violences et de lutte contre la traite des êtres humains). Pendant cette formation, nos agents sont formés:

  • à l’accueil,
  • à la prise en charge des victimes de violences et de harcèlements sexuels,
  • aux aspects juridiques,
  • aux moyens de lutte et d’alerte à disposition dans les transports publics.  

Les sanctions

  • L’injure publique est passible de 6 mois d’emprisonnement, et de 22 500 euros d’amendes lorsqu’elle est commise envers une personne ou un groupe de personne en raison de leur sexe, orientation sexuelle, ou handicap (Art 33, loi du 29 juillet 1881)
  • La menace de commettre un crime ou un délit contre les personnes est passible de 6 mois d’emprisonnement et de 7 500 euros d’amende lorsqu’elle est réitérée ou matérialisée et portée à 3 ans et 45 000 euros pour une menace de mort (art 222- 17 du code pénal)
  • L’exhibition sexuelle imposée à la vue d’autrui dans un lieu accessible aux regards du public est passible d’un an d’emprisonnement et de 15 000€ d’amende (art. 222-32 du code pénal).
  • Le harcèlement sexuel, le fait d’imposer à une personne, de façon répétée, des propos ou comportements à connotation sexuelle qui portent atteinte à sa dignité en raison de leur caractère dégradant ou humiliant, ou créent à son encontre une situation intimidante, hostile ou offensante est passible de 2 ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende, portés à 3 ans et 45 000 euros lorsque les faits concernent un mineur de moins de 15 ans ou sont commis en groupe (article 222 33 du code pénal)
  • Les agressions sexuelles sans pénétration (baisers forcés, mains aux fesses, sur les cuisses, frottements, etc.), toute atteinte sexuelle commise par violence, contrainte, menace ou surprise, quelle que soit la nature des relations existant entre l’agresseur et sa victime,y compris s’ils sont unis par les liens du mariage sont passibles de 5 ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende. (Art 222-22 et 222-27 du code pénal)
  • Le viol, tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’elle soit, commis par violence, contrainte, menace ou surpris est punis de 15 ans de réclusion criminelle.

Signalez-le !

Sachez qu’un dispositif est mis à votre disposition sur tout le réseau : N’hésitez pas à appeler au numéro d’alerte 31 17 ou à envoyer un SMS au 31 17 7 si vous êtes victime ou témoins de tels agissements.

Ce service est disponible 24/24h et 7/7j. Vous disposez aussi des bornes d’alerte sur les quais et de nos agents sur le terrain. Vous pouvez également télécharger l’application, « Alerte 31 17 » disponible sur Play store et l’Appstore.

Si vous le souhaitez, vous pouvez porter plainte auprès des services de police. Le fait de déposer plainte rapidement fait que la police demandera la réquisition des vidéos, pour identifier la personne. Il est important d’entamer cette démarche pour contribuer à faire cesser ce type d’agissements. SNCF et RATP n’ont pas de rôle policier, mais nous avons des équipes de sûreté et une police ferroviaire qui seront alertés et attentifs au portrait diffusé. Grâce à la loi Savary, les agents du GPSR (Groupe de Protection et de Sécurité des Réseaux) peuvent désormais patrouiller en civil dans les gares et matériels roulants de la RATP. Les missions réalisées correspondent pleinement aux objectifs assignés: présence accrue sur les réseaux, lutte contre les incivilités et attention particulière portée aux violences commises à l’encontre des femmes.

En cette journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, sachez que la SNCF et la RATP se mobilisent pour mettre un terme à ce genre de comportements.

Si vous êtes victime ou témoin d’une agression dans les transports, signalez-le !

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    • Stephane

      Il faut tout de même préciser que les hommes peuvent aussi être victimes d’infractions à caractère sexuel dans les transports, et notamment les homosexuels ou supposés tels. D’ailleurs n’osent-ils pas encore moins porter plainte que les femmes ?

      • Thomas

        Bonjour Stephane,
        Je suis 100 % d’accord avec vous, les hommes sont aussi victimes de harcèlements dans les transports. Mais vous comprendrez qu’à l’occasion de cette journée spéciale, j’ai souhaité faire un focus sur les violences faites aux femmes.
        Mais effectivement, les hommes en sont aussi victimes (homosexuels ou hétérosexuels d’ailleurs), mais ils le signalent moins c’est vrai.
        Merci pour votre implication sur ce sujet.
        Bonne journée, Thomas.

    • 1011

      En lien avec votre article sur le 25 novembre, plasticienne engagée, j’ai réalisé une installation dans un centre d’art sur le violences faites aux femmes. Intitulée « Loi n°2010-769 », elle rend tristement hommage aux 130 femmes décédées en 2018 en France et à toutes les autres décédées dans le monde, victimes de leur partenaire ou ex-partenaire. A découvrir : https://1011-art.blogspot.com/p/loi-n2010-769_2.html

      Et aussi « This is not consent » sur la culture du viol : https://1011-art.blogspot.com/p/thisisnotconsent.html