[L’entretien du RER A #1] Portrait d’agent : Jean-François, Technicien de maintenance RER

Partons aujourd’hui à la rencontre de Jean-François qui travaille aux ateliers de maintenance de Sucy-en-Brie et qui nous fait découvrir son métier.

Thomas : Bonjour Jean-François, tu es technicien de maintenance, peux-tu te présenter et nous présenter ton métier ?

Jean-François : Bonjour Thomas, je suis effectivement Technicien dépannage matériel roulant pour le RER A à l’atelier de maintenance de Sucy-en-Brie. Je travaille à la RATP depuis près de 25 ans maintenant.

Le but premier de mon métier est de garantir la sécurité du matériel pour nos voyageurs. Ensuite vient la fiabilité du matériel afin de fournir à la ligne les trains nécessaires pour l’exploitation dans les meilleures conditions. Pour se faire, nous avons 3 grandes parties : La maintenance corrective, la maintenance préventive et la maintenance prévisionnelle.

La maintenance corrective, c’est la maintenance qui est appliquée lorsqu’un train a un soucis. Par exemple, lorsqu’une voiture nous est signalée avec une porte qui ne ferme plus, le train est appelé à l’atelier pour être réparé.

La maintenance préventive, c’est l’ensemble des actions qui sont menées pour entretenir le train cycliquement. Un peu comme une révision pour les voitures des particuliers.

La maintenance prévisionnelle est la partie qui prend le plus d’ampleur depuis ces dernières années. En effet, depuis l’arrivée des nouveaux trains MI09, nous avons des outils qui communiquent directement avec l’ordinateur de bord du train. Les messages reçus sont remontés dans un logiciel permettant d’anticiper une quelconque panne et de nous prévenir que tel train devrait passer à l’atelier pour une action de maintenance en vue d’éviter une panne au cours de l’exploitation.

T : Comment vient-on à la maintenance de RER ?

J-F : J’ai commencé à 18 ans par un Bac pro à la RATP, déjà sur le RER A à l’atelier de Sucy. J’ai été formé au centre de formation de la RATP sur de la maintenance corrective. Au départ, je m’occupais principalement des grosses interventions en tant que mécanicien avec une spécialisation dans l’usinage et le reprofilage des roues.

Je suis ensuite passé à la maintenance préventive en tant que chef d’équipe. Là, j’ai eu la chance de participer à la réception du MI09 donc de contrôler le train à sa sortie d’usine, une fois arrivé sur place. Je vérifiais que le train corresponde bien au cahier des charges donné par la RATP au fabriquant.

Par la suite, je suis devenu technicien en maintenance préventive puis corrective.

T: A quoi ressemble une journée type pour toi ?

J-F : En réalité, c’est très variable et il n’y a pas d’ordre spécifique pour nos tâches. Si un conducteur nous signale un train en panne, on va commencer par le faire venir à l’atelier pour poser un diagnostique puis intervenir pour le réparer. Nous recevons aussi des signalements depuis nos outils. A ce moment, on analyse les informations reçues et on décide si le train doit « sortir d’exploitation » pour venir à l’atelier ou non. Si le signalement est urgent, on fait venir le train immédiatement. Sinon, on planifie une intervention lors de son prochain passage en atelier. L’idée étant d’avoir toujours le bon nombre de trains en exploitation pour assurer les services. Il arrive qu’on attende un peu avant de faire revenir un train (sous réserve que la panne ne soit pas dangereuse ou potentiellement impactante sur le trafic).

C’est vraiment différent chaque jour ! Parfois on va être en contact avec les fabricants pour discuter des matériaux, un autre jour on va aller se salir les mains, ensuite on va être sur ordinateur… On n’a pas le temps de s’ennuyer !

T : Tu as un conseil pour quelqu’un qui voudrait se lancer ?

J-F : S’il est curieux et qu’il aime la technologie, il y a de quoi faire ! On n’a certainement pas assez d’une carrière pour faire le tour tellement c’est vaste.

C’est un très beau métier. On en découvre tous les jours. Chaque jour on doit se creuser la tête pour se questionner et analyser des sujets différents. Grâce à nos nouveaux outils, on a dépassé le « qu’est-ce qui ne marche pas » et on est arrivé à « comment anticiper et savoir quelle peut être la prochaine panne potentielle afin de l’éviter ».

C’est sûr qu’il ne faut pas avoir peur de se salir les mains car c’est à mi-chemin entre le boulot intellectuel et manuel, mais je le conseille fortement. On en apprend chaque jour, on développe son savoir et on transmet aussi énormément nos connaissances. J’ai des collègues qui sont férus de nouvelles technologies, d’autres qui sont absolument fans de trains mais on y trouve tous notre compte et surtout, on échange beaucoup. Il ne faut vraiment pas hésiter car c’est un très beau métier.

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