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Rencontre avec Christiane, garante de la maintenance éco-responsable de vos RER !

16052018

Saviez-vous qu’un voyageur émet 50 fois moins de gaz à effet de serre en RER, qu’en voiture ? Le fonctionnement et le développement du réseau ferré en Ile-de-France constitue un levier majeur pour réduire notre consommation d’énergie. De fait, la SNCF comme la RATP sont fortement engagées en matière de transition énergétique, à travers des mesures concrètes pour réduire leur consommation et leur émission de gaz à effet de serre.

 

Sur la ligne A, la maintenance des trains prend bien en compte cette nécessité de gestion responsable de l’énergie. Pour vous en parler, j’ai rencontré Christiane Tessa Kouemo, ingénieure et responsable « qualité, environnement et sécurité de l’unité de maintenance du RER ». Entretien.

Sophie : Bonjour Christiane. Être responsable « environnement » au RER, en quoi ça consiste au juste ?

Christiane Tessa Kouemo : Mon travail, c’est de m’assurer que l’entité responsable de la maintenance du RER respecte les exigences règlementaires et les normes en termes de qualité de service, de protection de l’environnement, de santé et de sécurité des salariés.

Pour garantir tout cela, on a bien entendu en plus de la législation en vigueur, des normes et référentiels que l’on doit respecter: l’ISO* 9001 pour la qualité ; l’OHSAS** en matière de sécurité, l’ISO 14 001 en matière d’environnement, et tout récemment l’ISO 50 001 pour le management de l’énergie. Ce sont des noms un peu barbares pour les profanes, certes. Mais ces normes correspondent, en fait, à des outils et supports qui cadrent ce que l’on doit respecter au quotidien, dans le principe de l’amélioration continue.

Je suis donc garante dans mon entité du respect de ces normes, mais ce sont les agents dans leur manière de réaliser les activités qui y contribuent au premier chef ! Il me faut m’assurer avec le soutien de mes collaborateurs et de nos partenaires que toutes les mesures préconisées sont bien comprises et mises en œuvre.

Sophie: Et concrètement comment cela se traduit-il ?

Christiane: Dans le cadre du cycle de vie, la maintenance joue un rôle au quotidien, car on s’assure de revaloriser au maximum les matériaux des organes et pièces détachées sur les trains, ainsi que les consommables ayant servi à la maintenance. Toutes les matières  en ferraille, cuivre, papier, carton sont recyclées bien entendu, au même titre que les huiles de vidange qui sont régénérées.

Les trains du RER A étant tous à 2 niveaux depuis l’année dernière, les ateliers ont été adaptés et rénovés en conséquence. Leur conception prend en compte cette nécessité de limiter notre consommation en énergie.

Aujourd’hui, nos mesures portent principalement sur l’éclairage et l’isolation thermique des ateliers, éléments sur lesquels nous avons de véritables leviers d’amélioration.

Bien sûr, les mainteneurs ont besoin d’éclairage de qualité en permanence pour travailler sur les trains. C’est un élément de sécurité indispensable. Aussi, une campagne de remplacement de l’ensemble des anciens éclairages (néons et fluo) par des LED, moins gourmandes en électricité et néanmoins plus efficaces, est en cours! On associe ainsi efficacité énergétique et optimisation des conditions de travail.

En termes d’infrastructures, on limite également notre consommation de chauffage tout en essayant de maintenir  un certain confort pour les agents. Ainsi, dans les ateliers de Sucy, les plus grands sur la ligne A (Pour en savoir plus sur les ateliers de Sucy : https://rera-leblog.fr/trains-2-niveaux-mi09-mi84/), plein de dispositifs ont été mis en place pour récupérer la chaleur et éviter les gaspillages. Par exemple, la réfection des façades, qui permettent  d’éviter les déperditions de chaleur, ainsi que la mise en place d’une chaudière à granulés de bois, pour chauffer de manière économique et renouvelable.

 

Sophie : Justement, les trains de la ligne A sont capables de récupérer de l’énergie au freinage, non ?

Christiane: Effectivement, les trains de la ligne A -comme il s’agit d’un matériel récent- sont dotés de dispositifs qui restituent l’énergie quand le train freine.

Depuis les années 1980, le système a été revu pour que, lors du freinage, le moteur du train devienne une génératrice qui renvoie l’énergie produite vers  la caténaire. Cette énergie peut être récupérée par un autre train  qui tractionne sur la même section, et qui est situé à 3 stations en amont ou en aval. Concrètement, un train qui freine à gare de Lyon produit de l’énergie qui peut être consommée  par un autre train à Vincennes ou à Auber. Ce dispositif permet une économie de plus de 30% sur la facture énergétique.

De fait, la réduction de notre consommation énergétique est considérée de manière globale : c’est bien l’addition de toutes les mesures prises à tous les niveaux qui permet d’être efficace et vertueux ! Cela se traduit au quotidien dans le fonctionnement global de la ligne : de l’installation de poubelles de tri dans les gares, par exemple, jusqu’à la conception des RER et des espaces, en passant par la maintenance, évidemment.

 

* Organisation international de normalisation, créée en 1947 a pour but de produire des normes internationales dans les domaines industriels et commerciaux appelées normes ISO.

**Occupational Health and Safety Assessment Series”, système de management de la santé et de la sécurité au travail.

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  • Régulièrement en Retard

    Bonjour
    Merci pour cet article très intéressant.
    Par contre le chiffre annoncé de 50 fois moins d’émissions de co2 ne correspond pas à ce que mentionne l’indicateur présent dans la rubrique itinéraires.
    J’ai effectué un test sur plusieurs trajets, l’écart se situe plus aux environs de 25 fois. Evidemment pour cela il est nécessaire que les RER circulent CQFD!

    • Sophie

      Bonjour,

      Je n’ai pas connaissance de ce calculateur, peut etre pourrez vous m’éclairer.
      En revanche, un complément d’informations est disponible sur ratp.fr pour en savoir plus sur le calcul de l’empreinte carbonne selon votre mode de transport: https://www.ratp.fr/questions?taxo=5041&faqid=2581

      Bien à vous,

      Sophie

      • Régulièrement en Retard

        C’est simple vous allez dans la rubrique itinéraires du site Transilien, vous entrez votre itinéraire (par exemple Cergy préfecture – Houilles Carrières) et ensuite vous ouvrez l’onglet « voir la feuille de route » et vous avez le volume de CO2 émis par personne en RER et en voiture. Pour ce trajet c’est 106g pour l’un et 2425g pour l’autre soit 23 fois plus en arrondissant. Il y a même le détail du mode de calcul disponible qui vous précise la méthode retenue avec une base de 6,4g pour le RER et 161g en voiture (c’est plus que la moyenne) soit un rapport de 1 à 25.
        L’information est ainsi plus précise.

      • Sophie

        Régulièrement en retard,

        Au temps pour moi, bien sur, vous parlez du calculateur d’itinéraire sur ratp.fr! Je n’avais pas bien compris, désolée.

        Mais je vous confirme que 50 fois plus correspond à une donnée moyenne. Si on se réfère au tableau du lien que je vous ai donné, c’est à peu près cela sur un kilomètre. J’ai moi aussi fait le test sur un trajet Poissy – Gare du Nord et on est tout de même bien au dessus des 25 fois plus.

        Bien à vous,

        Sophie

      • Régulièrement en Retard

        Donc la RATP et la SNCF n’utilisent pas les mêmes données!!!
        206g pour une voiture et 3,9g pour le RER selon la RATP.
        Pour info selon l’ademe (organisme officiel) le taux moyen d’émissions en France pour les voitures neuves s’élevait à 111g de CO2 en 2017.

      • Sophie

        Bonjour,

        Le chiffre indiqué sur le site Transilien est calculé à partir d’une moyenne des émissions de CO2 pour l’ensemble des lignes (train et RER) opérées par Transilien en Ile-de-France. L’information communiquée par la RATP est celle qui provient directement du suivi des émissions de CO2 réalisé par la RATP pour son réseau de transport et, est donc plus spécifique au RER.

        Bien à vous,

        Sophie

  • Marine

    Bravo l’éco-responsabilité quand SNCF conseille aux voyageurs de ne pas prendre le train à cause des grèves